De Peypin à Pépin

Deux jours à vélo. Environ 300km, une douche, deux massifs, trois copains à l’arrivée, quatre réglages de frein sur le bord de route, cinq cadeaux pour une sixième étape sur une monture de rêve, mon vélo sur-mesure Goupil Ouface.
Mêtez vos sacoches, lubrifier votre chaîne et parez-vous de vos plus belles chaussettes, je vous emmène dans une véloventure au départ de Peypin, petit village juché au nord de Marseille à Peipin, petit village qui s’étend au sud de Sisteron. Enjoy.

JB T.

Sur les dep’ des Alpilles

La tête encore fraîche de la visite de Marseille et de ses apéros en escalades, je prends un bon petit déjeuner avec Sophie, ma motarde de cousine et j’enfourche le vélo. Mon tout beau compagnon de route et de micro-aventures.

Dernier check de sacoches avant les départ, aujourd’hui on va rouler les Alpilles sur les bons conseils de Benoît, un copain de vélobricolade. Le verre de Ricard siroté à Lamanon lui est dédié. La sieste d’après aussi.

Première impression au départ de Peypin : Ça roule bien, notamment grâce aux larges empâtements oranges sur les côtés de la départementale qui atteste de son succès auprès des cyclistes de la région. Je traverse les villages de Gréasque puis Mimet, agréablement surpris par l’abondance de coquelicots qui parsème par nuées rouges les champs du céréales et les vignes du coin. Ce constat tient la route jusqu’à Gardanne et ses environs industriels qui ne sont pas aussi simple à traverser. Le GPS est de mise pour ne pas se retrouver sur une voie rapide menant à la Cité Phocéenne que je viens de quitter, hé, fada.

On veut des coquelicots !

Un peu perdu au détour d’un carrefour, je tombe nez-à-nez avec une colonne noire de fumée épaisse à côté d’un stade. Visiblement un truc brûle salement et après concertation avec les footeux du coin, les pompiers sont prévenus. Everything is under control. Mouais. Un autre type contemple avec moi cette vision des enfers, sauf que lui arbore un complet-cyclo-téton-apparent et un méchant vélo route carbone, tout profilé. En causant un peu, le gars m’oriente vers la bonne sortie et me confie rouler régulièrement ses 250-300 bornes par jour pour rejoindre les lieux de ses vacances. Sa stratégie consiste à s’arrêter montre au poignée toutes les deux heures pour 5-10min. Moi je suis plutôt à m’arrêter aléatoirement en fonction du lieu pour une photo, un casse-dalle. Vélosophie différente, mais la même passion du bitume au rythme du pédalage nous anime, et je quitte notre brasier improvisé en lui faisant un signe de la main depuis mon cadre acier en 700×38 chargé de ses 15kg de bivouac. Fada.

L’air de rien

Cap vers Aix-en-Provence à contourner par Éguilles qui offre une sympathique montée pour s’échauffer les gambettes. De là-haut on voit de loin le début des Alpilles où je compte arriver par Lamanon en passant par Mallemort plutôt que Salon-de-Provence, juste pour le côté fun de la photo à prendre au panneau d’agglo. Ça doit faire six heures que je roule, il est 13h47 et j’ai une faim de loup.

Savoir s’étirer, c’est tout un art.

En arrivant à Lamanon, je m’éclate la panse dans un resto de centre-bourg. Dos de thon au citron et citron givré en dessert (les gosses des 90’s se reconnaîtrons), avé le jaune rè-glementaire à l’apéritif, siouplaît.

Merci.

Une heure après cette entrevue avec la gastronomie locale et les bidons (d’eau) remplis au comptoir, il est grand temps d’aller kiffer le premier massif de la route ! Le truc, le hic, l’imprévu, c’est la nécessaire sieste digestive qui m’a cueilli au détour d’un parapet ombragé, sur un côté de la D17 juste sur les bords d’Aureille qui affichait haut le mercure à c’t’heure. Bref, je me suis réveillé 16h30 passé avec l’impression d’avoir cuvé des litres et j’ai filé au nord du massif pour respecter un timing… improvisé. Mais globalement prévu, tout de même un peu. Un tout petit peu. Par exemple, j’avais imaginé faire un col, une belle grimpette des parages et si je n’avais pas grand chose à me mettre sous la roue jusqu’à Orgon, l’ascension de Notre-Dame-de-Beauregard m’a fait pousser un joli coup-de-cul. Arrivé en haut je fais l’aimable rencontre d’Isabel de Gea, potière inspirée à qui j’achète un diffuseur d’huile essentielle en terre, ne nécessitant de facto aucune consommation d’énergie. Pas besoin d’être sur secteur lorsque le matière absorbe et restitue les senteurs 15 jours durant. Astucieuse idée.

Au bonheur des cuissots

Il commence à être tard et la nécessité de trouver rapidos un spot pour la tente avant qu’il ne fasse sombre me trotte en tête durant ma descente vers Cavaillon, d’autant qu’au dessus de moi de gros nuages noirs menacent l’expédition. J’ai beau avoir un magnifique vélo, je n’ai pas encore mis les sous dans des sacoches étanches. J’ai bien pris soin de me munir d’un ensemble k-way-pantalon de pluie, cependant mes affaires ne s’amuseront pas à rouler trop longtemps sous la drache.

Une fois parcouru non sans peine la zone industrielle de Cavaillon, je retrouve le smile sur la départementale de Robion où je trouve mon repas du soir et le chemin menant sur la piste cyclable au comptoir d’une productrice de fraises, qui me donne un généreux panier pour 8€.

Je roule encore quelques bornes jusqu’à un point de chute dégoté entre quelques broussailles de la piste des Beaumettes où je plante ma tente, déplie mon duvet et déguste les fruits de ma journée en calculant les bornes parcourues. Environ 130bornes pour 8h à rouler, c’est bien pêché. Bonne nuit !

In fine, Sigoyer

Si une nuit en tente n’est pas encore une nuit à la belle étoile, dans la mienne c’est tout comme en terme de luminosité. Lorsque le soleil se lève, moi aussi. Vers 6h30, par là. Mettons 7h30 le temps du départ, une fois le bonhomme dument secoué et les sacoches accrochées au bike. Je suis du genre lent à émerger, le matin. Et présentement, j’ai deux obsessions en tête. 1, la douche. 2, le café.

À la fraîche

Passé les premiers km du matin qui me donne l’occasion d’hésiter à rouler vers Lumière ou Lacoste, c’est Bonnieux qui sera l’objet de mon choix. Bien vu l’aveugle. Après un tour de passe-passe et une négociation avec les locaux, je remercie vivement les gymnases municipaux d’exister et je prends fraîchement la route, un bon goût de café noir au palais. Aujourd’hui, on roule le Lubéron et plus particulièrement le colorado provençal, un petit bijou géologique. Le site officiel du territoire se définit comme « le meilleur de la Provence ». Peuchère. Entre Roussillon et Gignac, les couleurs de la terre tournent franchement à l’ocre, des dunes rousses au profil anarchique meublent le paysage et les buissons de lavande partagent le terrain avec d’authentiques cactus. Ci-gît depuis la fin du XVIIème la première exploitation d’ocre de France, dont l’excavation pris fin au début des années 80. Fascinant.

Y’a même des indiens


Je monte jusqu’à Banon avant de m’octroyer la pause règlementaire du casse-dalle en picorant sur le pouce avant de reprendre vers Ongles et son rocher sans broncher. Haha. En replongeant le long du plateau direction Cruis, j’aperçois au détour d’un virage ces bonnes vieilles Alpes et en profite pour acheter quelques sachets de lavandins qui feront plaisir aux narines des copains. S’entame alors une grisante et jolie descente vers Peipin, et la fin du périple !

Nan en fait, ça c’était pour teaser mais en vérité j’allais jusque chez des potes à Sigoyer, bled paumé et perché sur les hauteurs de Sisteron, ce qui rajoute bien 2h et 50 bornes le temps de se perdre dans des détours à la manque avec du gros dénivelé pour enfin faire halte et trinquer en bonne compagnie aux douceurs de la route et bien sûr, au vélo. J’ai plus que doublé la mise de la veille en mangeant 170 bornes en une dizaine d’heures sur la selle. Je projetais de rouler le Vercors le jour suivant puis la Chartreuse le surlendemain, mais les nuages se sont mis à pisser tout ce que j’avais esquiver des 48 dernières heures en une grosse journée poisseuse. Du coup, je me suis fait ramener à Chambéry avant la fin des vacances. Pas grave, j’en aurais vu de belles et ça donne des idées pour le reste de la saison !

Ah et au fait, tous mes calculs se base sur Maps mais sachez qu’en route, le logiciel a la fâcheuse tendance à vous considérer comme un VTT tout-suspendu et à vous envoyer faire des pirouettes dans des chemins qui parfois n’existent plus. Faites preuve de sang-froid ou faites comme bibi, demandez aux gens avec un brin d’herbe accroché au dérailleur arrière, avec les sacoches ça fait toujours sa petite impression 😉

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