3j en ski de randonnée nordique sur la GTV, se préparer mais pas trop, préserver l’inconnu et garder l’instinct éveillé

Un Bruit Qui Court*, une demande et un récit qui commence, des images dans ma tête : des paysages enneigés, un refuge isolé et son petit poêle à bois,… Les jours suivant, j’y pense et repense, je n’ai jamais fait de ski de randonnée nordique (SRN)…et alors ? On essaye ? Et d’ailleurs c’est quoi le SRN ? Si tu cliques sur le lien suivant, c’est mieux expliqué que par moi-même : https://www.skirandonneenordique.com/srn/ski-de-randonnee-nordique/ . Pulka ou pas pulka ? Dilemme ! Un défi à la fois, ce petit traîneau pour porter ses affaires, me dit-on ne facilite pas toujours la vie. J’approfondis les recherches sur cette expédition**, en évitant de regarder les photos et les descriptions détaillées, j’aime garder la surprise pour le réel.

2 semaines plus tard, nous chaussons les skis de rando nordique à Corrençon, direction le Col du Rousset, équipés pour 3 jours d’autonomie. Jean-François, le loueur de Becs Skis, est plein de bons conseils : «  vous réglerez au retour, comme ça si vous revenez avant… » Deux interprétations possibles : option 1, on sera super rapide, ce soir on est de retour ou, option 2, on va abandonner avant, perdus sur les Hauts Plateaux du Vercors c’est le PGHM qui nous ramènera… Sans rire, les conseils techniques de JF seront précieux tout au long de notre traversée. J’aime beaucoup glaner des informations sur place avec les locaux, ce qui peut parfois mener à des changements de plan de dernière minute ! Entre autre sur le sens de l’itinéraire : plus de montée ou de descente ? Dés la première petite descente, Alain qui fait habituellement du snowboard mange la neige, et quelques descentes plus loin c’est mon tour, nous comprenons que nous avons fait le bon choix : si tu n’as jamais fait de SRN tu vas ADORER les montées !

Experts en SRN commencer par la gauche (le sud), novices par la droite (le nord).

Sans aller loin, de Chambéry au Vercors, je me retrouve en « état de voyage », les yeux et les oreilles grands ouverts prête à accueillir l’inconnu, l’instinct aux aguets et si détendue en même temps. La pleine lune est là, je ne le savais pas, surprise ! Nous n’aurons quasiment jamais à sortir les frontales pour avancer. Oui, notre inexpérience du SRN rallonge inexorablement le temps passé sur les skis, mais un paysage à la pleine lune ça se savoure !

A l’approche de Pré Peyret, sous la pleine lune, la chance des débutants en SRN par courtes journées d’hiver.

Il y a cabane et cabane. C’est niché sous la neige que nous trouvons notre refuge pour la nuit, nous aurions presque pu passer à côté sans la voir. Se perdre sur le plateau du Vercors…oui c’est possible, même par condition optimale ! La lecture d’un paysage à l’aide d’une carte et d’une boussole est bien plus complexe en milieux enneigés et ne comptez pas trop sur les marques rouges et blanches du GR. Nous apprendrons plus tard en faisant du stop pour le retour qu’il y a aussi beaucoup de scialets dans le Vercors au relief karstique…conseil un peu tardif des gens du coin : « lorsqu’il y a de la neige, il ne vaut mieux pas s’éloigner trop du GR, le Vercors c’est un gruyère… ».

Les pépites de ce voyage, c’est aussi les rencontres inattendues. Celle avec les naturalistes qui ont établi un camp à la Jasse du Play pour 4 jours : « Regarde dans la longue vue => un troupeau de bouquetins sur la crête ! Whaou !!! C’est la période du rut en plus, il y a du spectacle ! » C’est la découverte avec eux, de toute la faune qui nous entoure sur ce haut plateau. Ils sont à la recherche des traces de loup et ils espèrent pouvoir l’observer. « Ah bon, il y a des loups ici ? »

Tout là-haut sur la crête, les bouquetins…

L’aventure n’est pas terminée. Il n’y a pas de bus pour le retour car la Drôme et l’Isère sont deux pays indépendants aux voies de communication limitées. Si on laissait la voiture à l’arrivée, c’était comme commencer par la fin. Laisser la voiture au départ c’est laisser le suspens jusqu’au bout… Est-ce qu’on arrivera avant la fermeture du magasin de loc?! voir même est-ce qu’on arrivera à revenir à notre point de départ ?! C’est là que la crise de fou rire éclate, lorsque nous commençons à congeler, le pouce levé et qu’une voiture au pot d’échappement troué s’arrête. Alain me regarde perplexe, alors que j’embarque sans hésiter dans la voiture. Perdre ses tympans ou perdre son pouce il faut choisir !

A l’arrivée à Corrençon, la tartiflette et les quenelles sont un pur bonheur ! L’eau chaude du robinet un miracle. L’aventure a ce don d’amplifier nos sensations au contact des petits plaisirs de la vie.

Je m’endors avec la douceur du souvenir, le corps marqué, l’esprit et le cœur aussi.

Conseil de sioux : la prochaine fois, j’emmène une petite scie pliable, même si scier le bois avec une scie rouillée ça réchauffe. Et double réserve de gaz, la neige ça consomme beaucoup pour devenir « eau à boire ».

* nom d’un bar à Chambéry

** plus d’infos pratique sur : https://www.skirandonneenordique.com/topos/correncon-en-vercors-col-du-rousset/

Photo© Alain Rimondi

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